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["C'est une maison bleue, Adossée à la colline, On y vient à pied, On ne frappe pas, Ceux qui vivent là, ont jeté la clé... On se retrouve ensemble, après des années de route, et l 'on vient s'asseoir autour du repas, tout le monde est là à cinq heures du soir (...) C'est une maison bleue, Accrochée à ma mémoire (...) Peuplée de lumière, et peuplée de fous, Elle sera dernière à rester debout..." ]

Une chanson que je pourrais écouter inlassablement parce qu'elle me rappelle tout simplement là d'où je viens... "Notre fief familial, notre refuge inestimable, notre bout du monde rien qu'à nous" où le temps semble suspendu depuis des lustres et des lustres... Une vieille bâtisse du XVIIIème siècle surplombant la vallée où nous pouvons nous ressourcer chaque week-end (et +) loin de l'agitation du monde civilisé.... et nous ressourcer en famille "sans chichis ni tralalas" autour de la grande table au bout de laquelle trône l'éternel patriarche (un vieux marquis communiste de 90 balaies et des poussières, toujours prêt à lever son verre ou à conter fleurette!). Une vieille maison aux murs bancals, chargée d'Histoire (avec un grand H), faite "de bric à brac", d'éclats, de secrets et de drames.  Il ne sera jamais trop tôt pour transmettre à Alixette, le rituel hebdomadaire des week-end  chez "pépé Maurice et tonton Robert" et l'imaginer "mettre ses pas dans les pas" de générations d'enfants qui ont grandi ici... J'aimerais tant la voir déjà "faire ses premiers pas dans le chemin ombragé de la chapelle familiale, ramasser dans son petit panier les fruits des vergers, faire griller les châtaignes sur le vieux poêle, aller voir les vaches! cueillir les coucous dans les champs et courir à la chasse aux morilles au printemps". Une belle manière de grandir sereinement, à l'ombre bienveillante de ses ancêtres et des grands peupliers centenaires...

Le 9 janvier 2013, jour de la sainte Alixe, nous avons allumé une 2ème bougie pour notre pépé Maurice, qui est parti rejoindre "tonton Robert" au ciel  (parce que le patriarche n'était finalement pas si éternel que çà). La maison de pépé a fermé ses portes, il y règne un silence inhabituel, le poêle s'est éteint, et deux chaises sont désormais vides autour de la grande table...  

C'est l'histoire de la vie.

Une page se tourne, un chapitre se termine, mais les souvenirs restent et la vie continue... malgré tout.

 

En espérant que les chapitres qui vont suivre, seront encore + riches. ♥

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